L'Autre Richesse

Apports à une Anthropologie du Pauvre

Federico Carrasquilla

Prensa Creativa, Medellín, Colombia, 1997
Traduction: Claire Lew

Contenu

Présentation
Introduction

I. Que doit-on entendre par Anthropologie du Pauvre
1. Sens de l'Anthropologie du Pauvre
2. Importance de la réflexion sur le sens de l'existence pauvre

II. Qui est le Pauvre
Précision du concept
Concept classique de Pauvre
1. Comment se présent-il
2. Causes
3. Conséquences
4. Jugement critique
Concept actuel de Pauvre
1. Concept latinoaméricain de Pauvre
2. Conséquences
3. Jugement critique

III. Le Monde du Pauvre
1. Pourquoi parler du Monde du Pauvre
2. Caractéristiques
3. Conséquences
4. Jugement critique

IV. La Destruction du Pauvre
1. En quoi consiste-t-elle
2. Caractéristiques
3. Causes
4. Conséquences
5. Jugement critique

V. L'Engagement avec le Pauvre
1. Qu'est-ce que c'est que l'Engagement
2. Types d'Engagement
3. Quel est l'Engagement avec le Pauvre

V. Commen Jésus a-t-il vécu sa condition de Pauvre et comment s'est-il situé par rapport au Pauvre
1. Comment Jésus a-t-il vécu sa condition de Pauvre
2. Originalité de Jésus dans sa manière de se situer par rapport au Pauvre
3. Conclusions

Bibliographie

Appendice

 

Présentation

Le soleil frappe les collines de la ville. Un autre jour se termine, mille mains ont travaillé les sillons de la terre, les matériaux qui contribuent à la vie des villes et des champs. Maintenant, quand une nouvelle journée s'achève, ou bien commence une nouvelle semaine de travail, hommes et femmes parcourent de grandes distances pour revenir chez eux. Dans leurs foyers d'autres mains pleines d'espoir, d'autres yeux attendent les fruits de leur effort qui bien souvent suffisent à peine pour survivre, pour mal vivre.

Ils déambulent aussi, à la tombée du soleil, les chômeurs, ceux qui ont cherché du travail partout, dans tous les recoins, ceux qui ont été rejetés. Là-bas, dans leur maisons sur les collines, aux alentours de la ville, dans la baraque, près des égouts où dans las rues multicolores du quartier, pleines de musique et d'enfants, n'importe où, d'autres attendent aussi leur futur. Le plat vide châtie leur espérance, les tensions deviennent fréquentes, la dureté de la vie loge souvent chez les pauvres.

Il faut bien dire aussi qu'aujourd'hui comme hier, dans la pénombre de la maison paysanne, autour de la table d'une maison de quartier, dans bien des endroits, les gens simples se réunissent pour partager leur vie, parler, sentir la proximité des autres. Sens profond de la fête et du prochain qui rend la vie sacrée, protège de la solitude, crée la solidarité, permet de faire face à la realité et de lutter contre la destruction des personnes qui subissent les privations imposées par la pauvreté et la misère.

Le fait que Federico Carrasquilla m'ait confié la présentation de ces pages sur lesquelles nous nous penchons maintenant, m'a donné une immense joie. La lecture de ce texte qui nous invite à écouter les pauvres est encouragement et confirme tout ce que nous avons appris de son amitié, de sa présence, car nous avons partagé le travail et les préoccupations de cette ville injuste, transpercée par la violence. Je remercie donc Federico. Sa confiance me permet de présenter son oeuvre.

Viennent les temps réservés à ceux qui écoutent avec le coeur. Il leur sera donné de comprendre le sens de l'histoire, les voix de fin de siècle qui nous invitent à reconstruire les projets de l'humanité afin d'améliorer notre vie.

Obstinément attachés à l'espoir, covaincus d'un avenir meilleur, de la possibilité d'une fraternité et d'une justice, nous verrons, si nous ouvrons bien les yeux, qu'il y a des trésors, comme la recontre et la gratuité, cachés dans les lieux les plus inattendus.

Parmi les jours gris que nous vivons maintenant dans tout le Continent, le livre de Federico Carrasquilla survient. Comme les bonnes visites des amis il nous réconforte. Federico a mis sur le papier le long trajet qu'il a parcouru, celui des pauvres avec qu'il a vécu, et de tant de ses amis, hommes et femmes, afin d'animer notre réflexion et la façon d'assumer le travail social. Puisque je fais partie de ses amis, de ceux qui s'intègrent à ces pages, je me permets de faire cinq annotations ou remarques sur son oeuvre.

1 -
Federico nous expose avec clarté qu'il est possible de construire une anthropologie en partant des pauvres. A mon avis, cette anthropologie pose comme condition que l'effort de réflexion prenne comme point de départ une expérience vitale de rencontre avec les pauvres et que notre propre expérience de la pauvreté soit inclue, d'une certaine façon. Le travail de Federico implique donc un effort de réflexion qui aborde de manière différente la réalité des pauvres, car, durant des années il s'est demandé quel était le sens de l'être humain révélé dans la vie de ceux qui vivent en marge et son exclus, sans pour cela les convertir en objets d'étude. Federico a pu, ainsi, comprendre que la richesse des pauvres se montre, non malgré leur pauvreté, mais justement à cause d'elle, au millieu de leur carences.

La vision sur l'homme a été modelée para l'appartenance à un groupe social et liée au pouvoir, à la force exprimée comme violence, à la possesion et à la condition privilégiée des nations dévelopées. Cette conception de l'humanité exclut les peuples périphériques. L'Afrique noire transpercée par ses guerres et celles d'autrui, plongée dans la misère; l'Amérique Latine, métissée, mêlée, terres des pauvres; tous les peuples pauvres d'Asie, les pauvres d'Europe ou de n'importe quel endroit du monde, tous ceux qui n'ont pas de futur assuré ne comptent pas pour définir l'humanité, pour déchiffrer le projet d'humanité que nous méritons.

Un regard attentif sur les pauvres, nous dit Federico, sur le monde de significations que l'on y découvre, ou mieux encore, un regard qui part du coeur des pauvres, nous permet de révèler une série de valeurs qui donne aux personnes un centre d'intérêt: l'accueil, la gratuité, la fête, entre autres. Dans le monde des pauvres, ce qui compte d'abord sont les personnes.

2 -
Ces pages questionnent fortement la destruction qu'occasionne la pauvreté. L'apport de Federico est très important parce que non seulement il dénonce la tragédie des carences matérialles, mais aussi nous rend évidente la plus grande douleur de la pauvreté : la destruction de la personne.

L'enfant du quartier populaire qui pleure parce qu'il doit vendre son jouet préferé, sa seule possession, qui pleure aussi parce qu'il a honte de demander l'aumône, forcé par la famine que souffrent les siens, est l'image le plus vive et claire de cette perte d'humanisation par carences.

Les larmes ne répresentent pas seulement ce qui manque, elles expriment ce que l'on perd, la dignité humaine, sa propre estime comme personne et le fait d'être exposé face aux autres comme quelqu'un qui ne vaut rien, qui ne compte pas.

Nous avons insisté, peut-être plus qu'il ne foudrait et non sans raison, ou d'une façon maladroite sur la dimension sociologique que prend le monde des pauvres quand nous le regardons. Nous avons fréquemment oublié que la misère et la pauvreté extrême de millions de personnes incarnent une douleur très profonde qui n'est pas visible comme les barraques en toiles d'asphalte ou comme les ruelles de boue et de pierre.

3 -
La vision de Federico est apparemment contradictoire. D'abord nous trouvons un regard qui redonne une valeur au monde des pauvres, de ceux en qui personne ne s'attendrait à trouver un projet d'humanité, parce qu'ils manquent de l'éclat qu'offrent les possessions.

Il nous dit que les pauvres, le monde des pauvres a toute une richesse, mais qu'en même temps cette univers appauvri nous exige une lutte infatigable contre l'inhumanité de la pauvreté et la mise en marge des êtres.

Notre solidarité avec les pauvres ne réclame pas, pour se réaliser, que nous vivions avec eux, ou soyons somme eux. Cependant, personne ne pourra entreprendre ce chemin d'humanisation s'il ne passe pas, d'une certaine façcon, par le partage des valeurs qui y surgissent.

Les valeurs du monde des pauvres ne peuvent surgir quand il existe des attides d'auto-suffisance et de richesse.

Ce que l'on nous demande à tous, si nous partons de cette perspective, c'est de conserver les valeurs-attitudes des pauvres, pour réaliser, quelque soit le lieu ou la condition, un travail qui tienne compte, comme sujets privilegiés de leur propre histoire, les personnes et les peuples pauvres.

4 -
Le monde des pauvres est transpercé par la violence. Restes d'une pensée pleine de préjugés et manichéenne dans sa conception de la morale qui font que beaucoup pensent aux phénomènes de violence comme propres aux ceintures de pauvreté des grandes villes ou des campagnes. Federico nous rend tous responsables :

Ne serait-ce plutôt que le type de societé dans laquelle nous vivons nous a obligé, par force, à leur confier l'arrangement des conflits et que les pauvres se contaminent aisément de la pathologie des violences?

Y aurait-il une autre façon d'agir pour les jeunes qui vivent dans la violence, quand le modèle d'identification est celui de l'homme plein de pouvoir et de richesse, qui méprise, en conséquence, le monde des pauvres?


5 -
Finalement, un commentaire sur la réflexion de foi. Pendant bien des années Federico nous a accompagnés tout au long de ce chemin à la rencontre de Jésus. Souvent, infatigablement, il nous a rendu le sens de la foi que nous avions éloigné de l'action. Ce sens n'est autre que Jésus; mai pas n'importe quel Jésus. Il s'agit du charpentier, le fils de Marie, celui de Nazareth et du lac des pêcheurs, des artisans, des publicains et des pécheurs. Un Jésus qui fut pauvre comme ceux de sa terre et de son temps et donna à cette expérience le regard de Dieu.

Pourquoi Dieu s'est-il révélé dans l'existence d'un homme pauvre? Peut-être parce que Dieu lui-même est pauvre, ce qui paraissait, en ce temps et maintenant, scandaleux. En Jésus le Dieu authentique et l'homme authentique se révélent en une même personne : une personne pauvre. Comme chrétien, la foi nous rend le sens de l'action en faveur des pauvres, parce que Jésus nous aide à découvrir sa dignité et sa valeur, et en même temps parce que seul le contact avec ce monde des pauvres peut nous donner une meilleure compréhension du sens de la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu.

Assumer la pauvreté et nous faire donc pauvres, vivre avec eux, travailler en leur faveur, a un sens pour le chrétien qui suit les pas de Jésus. Nous pourrions ajouter que seule une expérience de foi, de profonde intériorité, peut nous donner le moyen de travailler dans le monde des pauvres parce qu'elle nous permet de comprendre où trouvent les valeurs humaines authentiques, et en même temps de quelle manière les dures carences détruisent les personnes.

Quand il naquit aux alentours d'un petit village, entre les ombres de la nuit, en conditions d'extrême pauvreté, les uniques témoins de sa venue au monde furent les bergers. La nouvelle leur fut communiquée. Depuis lors il faut écouter le cri des pauvres pour savoir où se trouve le Seigneur.

Horacio Arango, SJ
Secrétaire Exécutif
Programme pour la Paix

 

Introduction

Après avoir vécu plus de trente cinq ans dans des quartiers populaires qui ont divers degrés de pauvreté, j'ai éprouvé la necessité, mise à part la ferme insistance de mes amis, de consigner par écrit les expériences vécues, senties et partagées de ce qu'est le Monde Pauvre.

Nous sentons tous de la fascination et de l'admiration pour le monde du riche et nous voyons dans la pauvreté un dessein divin ou un fruit du destin, de la paresse ou de la négligence. En ce sens on suit de près la ligne calviniste, exprimée para M. Weber, quand on attribue la possession des biens matériels à la bénédiction divine.

Le but de ce livre est de questionner. Appeler à la réflexion pour comprendre que des concepts comme "richesse", "pauvreté", "développement", changent de sens si nous les envisageons d'une perspective différente.

C'est pourquoi les analyses de ce livre vont peut-être à l'encontre des habitudes : tous les modèles de développement proposés se fondent sur la consommation, le gaspillage et la jouissance des biens matériels, et oublient que le bien-être d'une minorité entraîne presque toujours la misère d'un gran nombre. L'humoriste satiriste Quino le disait déjà: "On ne peut amasser une fortune sans réduire les autres à de la farine."

Dans la vie du pauvre, et la pauvreté en est la cause, il n'existe que destruction et mort; le pauvre développe aussi tout un humanisme, et non malgré sa pauvreté mais justement parce qu'il est pauvre. Mon expérience évangelique à côté d'eux m'a amené à repenser le regard de Jésus sur le monde pauvre, et j'en ai conclu que pour lui le pauvre est le représentant de l'Homme Authentique, celui qui possède les vrais valeurs de l'homme; c'est l'Homme Nouveau avec qui il veut construir son Royaume. Voici le paradigme central du livre, l'hypothèse qui nous guidera dans les analyses que nous soumettons à la considération du lecteur.

Voici, d'un coup d'oeil sommaire, les divisions du livre:

Dans le Premier Chapitre nous aborderons ce que nous entendons par Anthropologie du Pauvre, et nous réflechirons sur le sens de l'existence pauvre, en partant de quelques prémisses lesquelles nous indiquent que toute activité est modelée et determinée finalement par le concept que l'on a de "l'homme". A partir des divers façons de considérer l'être humain, nous allons nous trouver, alors, en présence de pratiques différentes et peut-être antagoniques.

Dans le Deuxième Chapitre nous verrons en quoi consite le fait d'être pauvre, qui est le pauvre, comment se définit la pauvreté. Nous ferons alors une distinction entre le concept classique ou européen pour qui le pauvre n'a pas d'identité, et considère seulement comme persone celui qui est devenu riche; et le nouveau concept, d'origine latinoaméricaine, qui cherche à élaborer une vision du pauvre qui réponde à sa réalité intégrale, dont le progrés est possible sans le déraciner de sa classe et sans nier son identité de pauvre.

Dans le Troisième Chapitre, dédié au monde du pauvre, nous faisons une analyse des valeurs du pauvre : sens de gratuité, acceptation de la réalité, sentiment d'autrui, obstination et sens du concret et de l'immédiat. Nous verrons également les antivaleurs : le gaspillage, la passivité, l'incapacité d'affronter "l'autre", l'incapacité de dire non, l'entêtement, etc.

Dans le Quatrième Chapitre nous analysons la destruction du pauvre, processus de déterioration qui se présente, soit de type physique, psychique ou existentiel, motivé par les carences matérielles qui l'amènent à ne plus se sentir une personne : "N'être rien, ne rien pouvoir, ne rien valoir, ne rien savoir et ne rien avoir." Chaque expérience produit une destruction différente. Sauver le pauvre et l'aider à sortir de cet état physique et mental est un défit pour le pauvre et pour tous ceux qui sont solidaires avec lui.

Le Cinquième Chapitre aborde l'engagement avec le pauvre : qu'implique le fait d'opter pour le pauvre du point de vue anthropologique? L'emphase est mise sur les deux niveaux requis para le travail avec le pauvre : on part de la personne et on concentre l'action sur elle, on change les structures; et à partir de ces dernières, on concentre l'action sur la lutte contre les institutions qui l'oppriment.

Dans la Dernière Partie nous ferons une courte réflexion : comment Jésus a-t-il vécu sa condition de pauvre et coment s'est-il situé para rapport au pauvre. Cela sera un bref essai d'anthropologie évangélique. Jésus vécut en tant qu'homme à la manière du pauvre. C'est pour cela que l'existence pauvre en Jésus n'a pas un sens purement spirituel ("il se fut pauvre pour nous donner un exemple"), ni purement sociologique (quand on insiste que Jésus se fit comme les pauvres et appartint à la classe sociale des pauvres), mais avant tout a un sens anthropologique : pour Jésus être pauvre est sa façon d'Être et de Faire comme homme. Jésus fut pauvre parce que cela fut sa manière d'être personne humaine, et offre cette vie à tous. Généralement nous oublions cela ou nous n'en tenons pas compte.


À travers les siècles l'être humain a toujours voulu construire un monde et tenu comme but final le monde du riche, un monde d'abondance dans lequel rien ne manque. Les résultats son visibles. Chaque jour le nombre de personnes qui vivent dans la misère augmente en proportions préoccupantes et pour le futur les perspectives sont pires.

Dans ce monde du riche, dit Eduardo Galeano, "la misère d'un grand nombre est nécessaire pour que le droit de quelque un soit possible". Un seul exemple : un américain du nord de classe moyenne mange par jour ce que mangearaient cinquante haitiens.

Vu d'un autre optique, l'excès de consommation et le nievau de vie atteinte par certaines couches sociales de pays développés sont le mirage vendu à ces peuples sous-développés, comme une morphine, afin de leur mantenir liés à un colonialisme économique.

Notre offre est de changer d'orientation et de concentrer l'action en direction contraire et d'essayer de "répartir la pauvreté".

Arretôns de rêver à des paradis inaccessibles et contruisons un Homme Nouveau, ancré dans notre propre réalité.

Répartir la pauvreté signifie apprendre à vivre d'une façon plus simple, d'une manière frugale, sans recherche. Répartir la pauvreté signifie vivre en harmonie avec la nature, prendre soin des resources naturelles, éviter la détérioration de la planète pour ne pas dépenser le patrimoine des futures générations. Répartir la pauvreté signifie apprendre la tolérance envers autrui, le respect des idées de nos semblables. Cela signifie être solidaires et partager le pain avec le voisin. Cela signifie être accueillant et hospitalier avec notre prochain. Et cetera.

Nous sommes conscientes de l'utopie que représente notre offre à court terme, mais son objectif central est d'attirer l'attention afin de réviser ce sur quoi se fonde le développement des peuples. Réviser les buts de l'accroissement économique, du produit interne, du revenu per capita, et chercher les buts de l'accroissement des Valeurs Humaines, de l'aggrandissement de l'Être Humain.

Finalement, ce livre s'adresse aux personnes qui travaillent avec le monde pauvre : hommes politiques, dirigeants de communautés, psychologues, prêtres, sociologues, entre autres, pour leur faire comprendre comment le pauvre expérimente sa propre existence, et qu'ils puissent ainsi collaborer plus efficacement à sa réalisation et à sa libération.

Cette oeuvre s'adresse également aux personnes qui appartiennent au monde riche, dans l'espoir qu'elles puissent comprendre qu'une vie centré sur l'argent, le luxe, les commodités, mène finalement à leur destruction, celles des autres, et atteint même la nature.

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